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01 septembre 2021

Editorial du 02 septembre  

J’ai suivi avec plaisir les jeux olympiques mais je regarde avec encore plus d’intérêt les jeux paralympiques. Et je les regarde avec une admiration grandissante pour ces athlètes qui nous administrent là une superbe leçon de vie, de résilience, d’optimiste, d’abnégation, de volonté, de combativité, d’appétit de se dépasser et d’exister pleinement.

« Qu’on me rende manchot, cul de jatte, impotent,

   Qu’on ne me laisse aucune dent,

    Je me consolerai : c’est assez que de vivre. »

La Fontaine (1621 – 1695), Les Épitres de Sénèque.

C’était au 17ème siècle et le baron de Coubertin ne devait venir que bien plus tard…

Je veux voir dans ces jeux l’expression de la meilleure face de l’Homme, celle qui respecte les différences, qui s’efforce de donner à des êtres abimés par la vie, par la nature, les moyens médicaux, techniques, matériels, sportifs d’aller au-delà d’eux mêmes, d’exploiter les ressources que ces corps même diminués et amputés possèdent au plus haut niveau. Bien servis qu’ils sont par une organisation sophistiquée, ces femmes et hommes nous montrent des performances tout à fait fabuleuses que bien des gens en pleine possession de leurs moyens physiques seraient bien incapables de réaliser.

Ces sportifs nous permettent de prendre conscience que malgré le handicap, quel que soit son origine et son degré, la vie continue, qu’elle peut être belle, et que, sinon tout, du moins beaucoup, énormément même, reste encore possible. Ils nous montrent aussi par leurs gestes, leurs attentions, leurs attitudes entre eux, qu’au-delà des compétiteurs qu’ils sont tous au plus haut degré, il existe respect et fraternité. Enfin, nous voyons dans beaucoup de disciplines une mixité femme-homme qui ne peut que réjouir ceux qui veulent encore croire en la possibilité d’aller vers une civilisation évoluée, cultivée, ouverte, tolérante, créative qui placerait environnement et êtres vivants au centre de ses préoccupations.  

Et puis à côté de cela, le monde nous donne à voir l’exact contraire, en Afghanistan par exemple où aujourd’hui religion et totalitarisme se conjuguent pour organiser une régression aussi protéiforme que préoccupante pour les habitants du pays. Mais aussi dans bon nombre de pays (à commencer par le notre !) où inégalités sociales, règne de l’argent roi, essoufflement (euphémisme) de la démocratie et de la culture nous offrent le spectacle de civilisations bien peu attractives. Sans oublier bien évidemment et surtout, le pourrissement systématique d’une planète malade de pollution, d’un réchauffement climatique aux conséquences désormais aussi visibles que préoccupantes, et en butte à la déplétion des matières premières.

Alors raccrochons nous à l’exemple que nous offrent ces sportifs, à cette leçon d’humanité, afin de ne pas désespérer, et de poursuivre un travail qui s’apparente bien souvent à celui accompli par les Danaïdes !

Jacques Lavergne

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