L'éditorial de Jacques Lavergne (Cliquez)


29 août 2021

L'Editorial du 06 Juillet 2022 

L'Inflation

Voilà un mot que nous avions relégué depuis longtemps au cimetière des mauvais souvenirs, un mot qui fait un retour en force, je veux bien sûr parler de celui d’inflation. Son retour nous renvoie brutalement 40 ans en arrière en des temps que beaucoup n’ont pas connus. Un retour que l’on peut attribuer vraisemblablement à une guerre en Ukraine qui provoque une pénurie relative de certains produits et donc une hausse des prix ; et aussi certainement à un monde en perpétuelle surchauffe, surtout depuis la presque fin du Covid, qui est agité par une demande toujours croissante. Mais pas que !

Si l’on en croit les chiffres, l’inflation serait de 8,3% aux USA et de 7,4% dans la zone euros, mais seulement de 4,8% en France. On pourrait s’en féliciter si l’on ne se doutait pas que ce chiffre qui pourrait paraître heureux, n’est dû qu’au blocage des prix de l’énergie par l’Etat. Ou pour le dire autrement, par le fait que ce sont les finances publiques qui assument le différentiel de prix. Politique qui accroit donc la dette publique, nos enfants, qui devront l’assumer un jour, vont adorer… Sans parler bien sûr du chèque alimentaire mensuel au profit de foyers modestes, voire du triplement de la « prime Macron » qui va augmenter l’addition !

Mais n’y aurait-il pas des causes plus structurelles dans la crise actuelle, outre les événements cités plus haut, auxquels on peut joindre la déformation de la structure de la demande mondiale des services vers les biens ? C’est en tout cas ce que soutient l’économiste Patrick Artus qui pointe le vieillissement démographique – un retraité consomme mais ne produit pas, déséquilibrant ainsi production et consommation, ce qui générerait de l’inflation - .  Mais aussi la transition énergétique qu’il considère comme source d’inflation, en ce que l’électricité dite « verte » coûte plus cher à produire que la « brune » et que la transition va imposer des investissements énormes qui auront nécessairement un impact sur les prix. Mais une transition qui créera des emplois ce que Arthus ne dit pas !

Cette inflation à laquelle nous ne sommes pas préparés va-t-elle avoir pour conséquence une remontée des taux d’intérêt ? S’ils venaient à grimper de 3 % cela provoquerait mécaniquement une augmentation des intérêts de la dette française de 90 milliards par an, donc un appauvrissement de l’Etat. Et une baisse de la demande en général. Est-ce à dire que cette inflation largement importée et exogène va se transmettre à tous les prix, salaires compris, au risque d’un emballement général ?

La politique suivie par le gouvernement est-elle la bonne ? Ne vaudrait-il pas mieux faire en sorte qu’il y est plus d’actifs sur le marché du travail, ce qui implique soit de recourir à une émigration massive, soit de repousser l’âge de la retraite ? Des solutions bien sûr très marquées politiquement. Egalement ne faudrait-il pas privilégier une coordination des états européens afin de gérer collectivement les raretés plutôt que de voir chaque Etat jouer « perso » ? Ainsi que de développer plus rapidement des énergies décarbonées pour contrer la décroissance des énergies fossiles ?

Ou bien aller chercher de nouvelles recettes, simplement (!) en s’attaquant aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale…

Mais l’on sait aussi que toutes les manettes ne sont pas entre les mains des dirigeants européens, et encore moins du seul Président de la République Française. La guerre en Ukraine menée par le boucher Poutine qui bouleverse profondément la planète en est un exemple ; la Chine en récession économique du fait de sa politique zéro covid en est un autre. Ce ne sont pas les seuls.

Bref, on se serait bien passé, après les difficultés rencontrées depuis deux ans, de cette fichue « inflation, impôt pour les pauvres, prime pour les riches » comme l’avait qualifiée un certain François Mitterrand. Mais ne jouons pas trop les pleureuses, nous pourrions être Ukrainiens ; ou Yéménites ; ou Afghans ; ou même Américains, Russes ou Chinois, pourquoi pas ; ou…..non stop, la liste serait trop longue !!!

Jacaques Laververgne
Espritr Occitanie

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