L'éditorial de Jacques Lavergne (Cliquez)


29 août 2021

L'Editorial du 10 Août 2022 

L'Effondrement ?

« C’est une triste chose de songer que la nature nous parle et que le genre humain ne l‘écoute pas »
Victor Hugo

Tous les regards sont aujourd’hui tournés vers les feux qui dévorent les forêts françaises bien aidés en cela par des chaleurs caniculaires qui accentuent la sécheresse. Bien loin de chez nous , la Corée du Sud enregistre ses plus fortes pluies depuis cent quinze ans. Nous pourrions multiplier les exemples similaires, tous démontrant que les équilibres fragiles qui ont permis une vie relativement agréable sur cette planète sont gravement affectés et bouleversés par l’action de l’homme.

Et au moment où beaucoup prennent leurs vacances estivales sur les côtes, il est bon de rappeler qu’il en a va de même des mers et des océans.
L’homme a consciencieusement ravagé les terres émergées, mais ses immenses étendues d’eau où la vie primitive est apparue n’échappent malheureusement pas à son action néfaste. Les océans couvrent plus de 70% de la planète, ils nous nourrissent, absorbent une bonne partie du CO2 produit par les activités humaines, ils régulent le climat et la température de la Terre.

Mais aujourd’hui ils sont gravement menacés : pollution sonore, chimique et plastique (cf. Coca-Cola, leader pollueur de Laura Mulholland jusqu’au 23/10 sur ARTE) ; acidification ; pêche illégale voire pillages industrialisés des stocks halieutiques, dégradations provoquées par le chalutage de fond ; perte d’habitat et de biodiversité ; réchauffement accéléré ; bouleversement des grands courants marins, tel le Gulf Stream, indispensable à la régulation de notre climat européen.

Bref, « l’océan vit une crise très grave » comme le constate Sébastien Unger de l’Institute for Advanced Sustainability à Postdam (Allemagne). L’ONU a déclaré un « état d’urgence » des océans par la voix de son Secrétaire Général, Antonio Guteres. Le pacte de Glasgow pour le climat, signé à la COP26 en novembre 2021, a érigé en priorité le réchauffement et l’acidification des océans. La conférence sur les océans qui s’est tenue en juin 2022 à Lisbonne a tenté de fixer les caps d’une économie de la mer durable et fondé sur la science. Bref, des initiatives existent, il faut les saluer, mais seront-elles suffisantes, pourront-elles produire des effets bénéfiques dans des délais brefs ? On voudrait pouvoir l’espérer, mais…..

Aujourd’hui des menaces inquiétantes pointent à l’horizon. Non pas qu’elles soient nouvelles mais leur intensification, leur systématisation, le déploiement à leurs services de technologies de plus en plus pointues, les rendent extrêmement préoccupantes : extraction minière dans les grands fonds, pêche industrielle, transport maritime, câbles sous-marins….. Depuis trente ans les activités humaines se développent massivement et font des ravages dans les océans où la réglementation est quasi inexistante, et où l’anarchie règne. Seules les ZEE (zones économiques exclusives) qui s’étendent à 200 miles nautiques à partir du littoral (370 kilomètres) font exception à la règle puisque chaque pays peut réguler l’activité qui s’y déroule. Encore faut-il qu’il y procède avec le souci de protéger le milieu, car, disons le, le développement durable des océans est quasi impossible.

Pour le reste, c’est à dire les « zones ne relevant pas de la juridiction nationale », soit les deux tiers des océans, on peut tout craindre en l’absence de cadre normatif clair, contraignant et….respecté. Mais comment ne pas craindre le pire, lorsque la concurrence s’accentue sur les sols et que les ressources terrestres s’épuisent. Les gouvernements et les entreprises lorgnent de plus en plus ouvertement vers la haute mer et le plancher océanique siège, notamment, de nodules polymétalliques, comme le manganèse utilisé notamment dans les batteries. Ruée sous-marine vers l’or et exploitation éhontée, maximale, sans aucune considération pour l’environnement, garanties !

Jusqu’où ira l’Homme dans sa folie de puissance, dans son désir d’assouvir sa concupiscence pour les biens matériels et l’argent ? Peut-être jusqu’à provoquer l’extinction de nos civilisations voire de l’espèce humaine…

Jacaques Laververgne
Espritr Occitanie

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